La vie m'a donné un trésor : Kaouette
- par May-K
[ FAIT VÉCU ] Il y a cinq ans, un mercredi, alors que j'étais encore une petite débutante, ma monitrice m'a annoncé que j'allais monter une ponette du nom de Kaouette. J'appréhendais un peu, je ne t'avais jamais monté. J'étais âgée de neuf ans; j'avais peur de tout, et de rien. Je suis donc allée à ton box. Ce que j'ai vu dedans m'a littéralement émerveillée. Je t'ai vue, toi, ponette gris rouan, avec tes grands yeux doux qui me regardaient fixement, tes naseaux très ouverts qui soufflaient doucement sur mes mains, tes oreilles pointées vers l'avant, car tu étais si curieuse. Qui étais-je, moi, petite fille qui venait te déranger pendant ton délicieux repas?
Je me suis approchée de toi, lentement, et je me suis mise à te caresser l'encolure, le dos puis la tête. Je chuchotais ton nom, Kaouette, pour que tu te souviennes de ma voix. J'ai commencé à te panser tranquillement, avec quelques problèmes pour te curer les pieds, car tu n'aimais pas ça. Je t'ai bridée, sellée et, ensemble, nous nous sommes dirigées vers le manège. Je ne me souviens plus très bien de ça, j'étais comme dans un rêve. Tu me transportais sur ton dos et j'oubliais la présence des autres. Nous étions deux, toi, moi et c'était tout ce qui comptait. À la fin du cours, ma monitrice m'a regardée en souriant et m'a demandé si je t'aimais bien. J'ai répondu en te faisant un gros câlin, un sourire ineffaçable peint sur le visage. Déjà, je t'aimais.
Je suis revenue te voir le plus souvent possible. Je demandais à te monter encore, toujours. Je rêvais de toi la nuit, pensais à toi le jour. J'imaginais nos prochains moments. J'écrivais ton nom, je regardais ton image. J'ai commencé à bien te connaître. Tu ne me refusais plus tes pieds, tu aimais quand je te grattais le garrot, tu me léchais les mains, quémandais des friandises. Les jours où tu ne voulais pas travailler, j'arrivais avec le licol, tu partais boire. Je faisais mine de partir, tu t'arrêtais, un filet d'eau coulant de ta bouche. J'arrivais toujours à trouver un moyen de t'attraper. Parfois, tu me reconnaissais. Quand j'arrivais, tu levais la tête, t'approchais de moi, soufflais sur mes mains, dans mon cou. J'aimais enfouir mes mains dans ta crinière, poser ma tête sur ton encolure ou ton dos, et rester comme ça. Tu me regardais un instant, puis tu retournais manger.
Le jour où j'ai appris que ton amoureux allait partir, j'ai cru mourir. J'ai eu peur de ta peur, peur de ta tristesse, peur de tes sentiments. Mais aussi peur de ton départ. Je ne voulais pas que, comme lui, tu t'en ailles et me laisses seule. J'en ai pleuré la nuit, dans mon lit. Finalement, tu es restée, sans lui, mais tu étais bien là. Et j'ai continué à t'aimer, encore, encore et toujours.
À présent, je ne te monte plus, ou très rarement. Mais je continue, et je continuerai à venir te voir. Tu ne m'appartiens pas, ne m'appartiendras jamais, mais tu m'as apporté tellement de bonheur, tu m'as tellement fait progresser… Un jour, on se retrouvera. On sera les meilleures. Parce qu'on s'aime, tout simplement.
Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.



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bravo!
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C'est elle qui m'inspire ..
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