Te souviens-tu de moi?
- par Sassie
[ FAIT VÉCU ] Squirrel, toi, magnifique créature. Te souviens-tu de moi, pauvre cavalière? Je n'étais encore que débutante quand je t'ai rencontré. Quand je t'ai vu, ma première impression a été de me fier à ton physique. Malgré ta grandeur et ta puissance, je ne voyais que l'esthétique. Je ne voyais qu'un vieux cheval alezan des plus normaux. Tu avais une liste assez anormale, que je n'aimais pas vraiment, et tu avais des cicatrices partout sur le visage. Je te trouvais tellement laid! Je t'ai tout de suite détesté mais, malheureusement, je n'avais pas le choix et je suis allée te chercher au champ. Après t'avoir pansé, j'ai remarqué que tu n'étais pas commode. Impossible de mettre ta bride. Après qu'on l'a mise à ma place, tu as failli me mordre quand j'ai serré la sangle. Tu ne m'aidais pas à t'apprécier, mon beau. Ensuite est venue l'heure de te monter pour la première fois. C'était bien ce que je craignais : il était quasiment impossible de te faire avancer! Tu ne m'écoutais pas du tout! Le jour suivant, encore avec toi, Squi, a été encore pire, je n'arrivais pas à te faire trotter. J'ai commencé à me décourager. J'en ai même pleuré. Tu n'avais aucune pitié. J'avais honte. Je te haïssais tellement! Le jour suivant, le vent a tourné. On m'a fait porter des éperons. C'est là que je t'ai eu mon coco! J'étais tellement heureuse quand j'ai réussi enfin à te faire trotter plus que quelques foulées! C'est même dans les jours suivants que j'ai fait mon premier galop avec toi, mon cœur. Semaine après semaine, j'apprenais à te connaître, et toi à me respecter. J'ai commencé à t'aimer, t'aimer de tout mon cœur, même. Je ne pensais qu'à toi.

Photo : Suzie LafortuneZoom
Quelques semaines plus tard, une compétition à l'écurie est annoncée. Je me souviens à quel point nous avons travaillé fort tous les deux. Nous connaissions le parcours par cœur. Souvent les soirs de semaines, j'allais pratiquer. Mais en fait, je le faisais seulement pour être avec toi. Une journée sans te voir était longue. Le jour « J » est finalement arrivé. La compétition a commencé. Nous étions les deuxièmes à passer. Tu devais le sentir. J'étais tellement stressée, j'en tremblais. Ça a commencé. Je me suis nommée et nous sommes partis. Ça fait déjà un an et demi et je me souviens encore de ce que nous devions faire : cinq pas de côtés, de chaque côté. Faire le tour du manège au trot; faire un arrêt au milieu; trois pas à reculons; encore un tour de manège mais au galop; retomber au pas; aller dans le coin, faire des appuyers jusqu'au centre et en faire de l'autre côté pour finir dans le coin suivant; je retourne au pas au centre. Tout s'était passé à merveille. J'étais tellement fière de nous! De toi, de moi. Nous étions une équipe merveilleuse. Je ne pouvais pas croire que je t'avais déjà trouvé laid et t'avoir détesté. Tu étais le plus beau à mes yeux. Le plus spécial. Ce cheval. Le cheval de mes rêves. On est venu m'annoncer les résultats de la compétition. Nous avions fini en 2e position! J'étais complètement aux anges! Sur mon petit nuage. Je t'aime. Je t'aime Squirrel.
Plusieurs semaines plus tard, j'ai fait ma première randonnée avec toi et mes amies. Tout s'est passé à merveille. Tout allait trop bien. Bien sûr, il fallait que quelque chose crève ma bulle. J'en ai pleuré longtemps. Très longtemps. J'en pleure encore. Cette randonnée a été le dernier moment où je t'ai monté, Squirrel. Ton propriétaire n'a plus voulu que personne ne te monte. Personne. Ce mot, malheureusement, m'incluait, moi. Tu es resté dans le champ des mois durant. Chaque fois que je le voulais, j'allais te voir, te flatter, te caresser, t'embrasser, te parler et te confier mes secrets. Je passais beaucoup de temps avec toi.
On dirait que le destin ne m'avait pas encore assez punie. On t'a enlevé à moi. Ton propriétaire t'a emmené avec lui. J'en suis restée bouche bée. Je crois que personne n'avait le courage de me l'annoncer. Je l'ai remarqué par moi-même. Tu n'étais plus au champ. Je te cherchais des yeux comme à l'habitude, pour crier ton nom et des mots doux, mais tu n'étais plus là. Et le pire dans tout ça, c'est que je n'ai jamais pu te dire au revoir... Tu me manques encore bonhomme! Te souviens-tu de moi?
Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.




Par a cheval
Un amour comme ça ça ne s'oublie pas...c'est sur qu'il se souvient de toi
Par Maery
Par Poulette.
Par ElieGaboue
Je suis sure que tu va le retrouver et qu'il va te reconnaitre, tu a passé tellement de temps avec lui ...
Courage
Par ¤ Hope , -
J ' avais les yeux plen d'eau
tu est tres courageuse de surmonter tous cela !
Courrage !
Par PetiteFany