La lumière au bout du tunnel brille parfois grâce à un cheval
- par rave
[ FAIT VÉCU ] Je veux faire suite à mon article Un accident où le cheval a été la lumière au bout du tunnel en vous parlant de mes progrès depuis le mois de mai. Pour vous remettre dans le contexte : c'est moi qui ai eu un traumatisme crânien sévère « TCC » suite à un accident d'équitation. Je devais rester en fauteuil roulant et avoir seulement cinq ans d'âge mental, mais il n'en est rien. Cela a fait un an le 12 septembre dernier que j'ai eu cet accident qui me glissait dans un coma de 21 jours. Il y a donc un an de cela, j'étais en réveil de mon coma. L'accident a changé plusieurs traits de ma personnalité, mais les principales demeurent les mêmes.

Photo fournie par l'auteureZoom
Je ne reviendrai pas sur tout mon cheminement en réadaptation parce que cela serait trop long et le sujet est autre. Voilà, je suis sortie officiellement le 3 janvier 2008 du centre de réadaptation, donc ça ne fait même pas un an. Je me suis mise à m'entraîner très fort tous les jours même si c'était difficile. J'avais surtout de la difficulté avec mon équilibre et il m'a fallu réapprendre mes réflexes d'entraînement.
En effet, si je me suis retrouvée au sol, c'est en raison de mauvais réflexes développés à cause de ma bonne condition : je ne tenais pas ma corne lorsque je corrigeais un cheval et cela même si le cheval levait le derrière, j'avais de l'équilibre, avant! Mais maintenant, je devais « vraiment » développer un bassin neutre. Ce principe, je ne l'appliquais pas, avant! Et je ne le comprenais pas vraiment. En théorie, oui, mais en pratique? En fait, nous devons être assis constamment sur nos ischions (os du bassin que vous sentez en pointe sur vos fesses). Ceux-ci doivent être stables en tout temps sinon nous nous mettons en position de déséquilibre. On m'a inculqué ce principe au Connecticut alors que je suivais mon cours pour devenir instructeur d'équitation thérapeutique, mais pour moi qui avais appris à me servir du changement de poids pour diriger mon cheval, c'était abstrait. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir en bout de ligne que c'était vrai! Que pour obtenir plus d'équilibre, je devais entrer mon bassin un peu vers l'avant et sentir ces « maudits os ». J'écris « maudits os » parce qu'ils m'ont fait mal, croyez-moi, sauf qu'à chaque fois que je me sentais en déséquilibre, cela me stabilisait. Ça a été dur tout mon cheminement, vous n'en avez pas idée. Réapprendre. et du début, en plus quand on est rendu où j'en étais.
Mon cheval Jlas Rave Dancer était un étalon de gymkhana encore au mois de mai, qualifié pour les finales de la National Pole Bending Association (NPBA) en 2007. Il est le fils de Formal Dancer, une jument de gymkhana m'ayant appartenu. Ceux qui l'ont connue pourraient vous en parler longuement. Galoper et tourner des barils, elle ne savait que faire cela lorsque je l'ai eue. Elle était tellement nerveuse et têtue qu'elle grinçait des dents de plus en plus fort selon sa vitesse. Elle ruait et pissait (même si cousue). Tout le monde se tenait loin de nous. Malgré cela, c'était une super jument. Des go de barils, j'en ai gagnées avec elle : 2e au classement général pour l'Équipe de Rodéo du Québec (ERQ), 2e Baril Jeune, 7e Grand prix de baril et 6e Aller-retour Quarterama (Toronto), pour ne nommer que ceux-là. En plus, son père, Jla Hope, avait une lignée de course. Figurez-vous que Rave, son nom pour les intimes dont je fais partie, est un descendant de « War Admiral », le cheval qui courait contre « Seabiscuit ». Brider pour courir, il l'est, croyez-moi. Le 13 mai 2002 est le jour de sa naissance. Avec mon aide, Formal Dancer a accouché de son 1er fils que j'appelle Jlas Rave Dancer. Je l'attendais celui-là et il était là, tel que je l'imaginais : étalon, palomino overo. Gentil, il l'était avec moi et seulement avec moi. Mon père, il l'attaquait. Les autres, il les mordait. Moi, même après mon accident, il était tranquille.
J'ai commencé à le monter vers la fin février. Je n'en avais aucunement peur. Après tout, c'est moi qui l'ai vu naître et qui l'ai débourré, je lui ai tout appris et, pour moi, tout, ça veut dire tout. Un cheval de baril, pour moi, doit être complet. Alors loin de moi l'idée de lui montrer seulement de courir et tourner. Tous mes chevaux doivent savoir faire des pivots sur les antérieurs et postérieurs, savoir faire des changements de pied, des pas de côtés et des appuyés (au trot et au galop). C'est la base et c'est important pour moi. Ça fait partie du débourrage. La transition vers la plaisance s'est donc faite graduellement comme il se doit. Un jour alors que je le corrigeais, il a levé le derrière et je suis tombée au sol. Il était étalon, mais il a eu le respect de s'éloigner de moi et de rester immobile. Tout le monde présent s'énervait. Moi, j'ai eu peur pour une seule chose, ma tête. Elle n'avait rien et je suis remontée immédiatement pour ne pas lui donner du pouvoir. Il m'a respectée encore et a cédé. Ouf! je lui avais appris le respect et non la peur, par chance.
En avril, après avoir fait brider sa dernière jument, je l'ai fait castrer. C'était après mûre et mûre réflexion, car je n'étais plus assez rapide pour me mouvoir advenant une situation problématique à cause de mes limitations. Elles sont : hémiparésie (paralysie partielle) du côté gauche ainsi que trouble de l'équilibre et de coordination. Cela l'a calmé beaucoup avec les autres parce qu'avec moi, il était plus calme, oui, mais sensiblement le même. Nous travaillions à chaque jour, certaines séances dépassant une heure. C'était beaucoup pour moi. Trop je m'en rends compte maintenant, mais dans la situation, il n'était pas question de commencer à zéro, je n'avais pas le choix.
Puis le mois de mai est arrivé et la première compétition de performance aussi. Nerveuse, moi? Non, pas du tout, à ma grande surprise. Il faut dire qu'après deux qualifications pour les nationaux réussis, des rodéos et plusieurs compétitions aux ÉU, le stress était diminué. En plus, personne ne me connaissait, de toute façon. Je me suis toujours foutue de ce que les gens pensent de moi, alors qu'advienne que pourra, je me suis lancée. Et savez-vous quoi? J'ai aimé ça. Moi la fille qui adorait les rodéos, j'aimais la plaisance, j'étais folle. Tant mieux parce que mes limitations ne me permettaient que de faire ça. J'ai fini 7e en obéissance aux commandements omnium parce que mon cheval ne savait pas galoper sur le mauvais pied, je le chicanais quand il le faisait. Les autres classes ont bien été, mais je ne me suis pas classée. Ça m'a permis par contre de voir nos lacunes et les points que nous devions améliorer.
Je travaillais avec mon cheval de plus en plus fort. Nous concourions à chaque fin de semaine, travaillant de plus en plus fort chaque fois. Au mois de juillet, j'ai su que nous étions qualifiés, une de mes élèves et moi, pour le championnat provincial. Pour ma première année et avec mes difficultés, je peux vous dire que j'étais fière. Toutefois, je me suis mis beaucoup de pression et ça n'a pas super bien été, mais c'était une expérience de plus pour mon cheval et moi. Le reste de l'été a bien été et nous avons fait notre dernière compétition au mois de septembre.
La pression enlevée je me suis rendu compte que peut-être j'avais voulu aller trop vite, reprendre ma vie d'avant trop vite. De toute façon, ça m'avait poussée à aller plus loin, à m'améliorer physiquement et mentalement. Sinon, allez savoir où je serais…
Le party de fin d'année de notre association régionale, le Club équestre performance western de l'Estrie (CEPWE) est arrivé. J'ai su en partant que nous étions 10e au Québec, Rave et moi, dans l'épreuve d'obstacles omnium et 2e dans celle d'obéissance aux commandements. Yé! C'est ma classe en plus parce que je trouve que c'est celle qui démontre le plus nos qualités cavalier-cheval, la complémentarité et le dressage du cheval. La soirée s'est passé en aller-retour entre ma chaise et la remise des trophées. En plus des miens, j'allais chercher ceux d'une de mes élèves. En tout, je suis allée chercher sept trophées pour Rave, dont celui du plus haut pointage de l'année, une boucle de ceinture et plusieurs autres prix. Pour mon élève, je suis allée chercher quatre trophées, dont le trophée pour l'équipe championne dans la classe Snaffle bit. J'étais contente! Tous ces efforts que j'avais faits, je ne les avais pas faits pour rien. Moi, la fille de vitesse, j'avais prouvé que si on est bon cavalier, on peut tout faire, même transformer un cheval de vitesse en cheval de performance et, surtout, réussir quand même (voir le montage vidéo récapitulatif).
Ça, je le dois à mes deux grands mentors : Gerry Binette et Ginette Franks que je ne remercierai jamais assez, encore merci! Si vous ne vous étiez pas occupés de moi comme des mentors doivent le faire, eh bien je ne serais pas la cavalière qui a réussi à changer l'étoile d'un cheval de gymkhana en celle d'un cheval de performance. Alors quand vous choisissez une personne pour apprendre, faites-le correctement : rencontrez la personne, parlez-lui, sachez ce qu'elle a accompli, ses études, ses méthodes et fiez-vous au bouche-à-oreille, mais surtout à votre intuition.
Je le dois aussi et beaucoup à mon cheval Rave qui est un cheval tout simplement merveilleux.
Je t'aime Rave.
Ci-dessous, une vidéo de moi quand ça n'allait pas. C'est dur de s'imaginer par où je suis passée, alors des images valent mille mots...
Autre texte écrit par l'auteure : Le métier d'instructeur en équitation thérapeutique
Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.






Par caissie48
Par Nath44
Il faut dire que j'ai toujours ridé avec les meilleurs s'il n'était pas entraîneur de la FEQ, n'avait pas gagné des prix prestigieux alors je passais mon tour.
Je ne comprend pas ceux qui s'entraîne avec des no names. Pour moi, le cheval est animal qui peut être dangeureux.
A partir de ce moment je me suis mise à chercher l'entraineur, l'avenir me dira si j'ai trouvé le bon.
Merci à toi qui sans le savoir m'a permise de chercher le mieux pour mes chevaux.
Nath
Par Cavaliere4
J'espère que Tu Te Portes Bien !
Par Mirella
J'admire beaucoup la force dont tu as fait preuve...ça rapporte toujours
Bonne chance dans les années à suivre...dit toi que le meilleur est à venir
P.S. Ton cheval est tout simplement magnifique. Sa couleur, sa shape, ses forme...tout à fait mon style de cheval!
Bravo encore et continue ton beau travail!
Par SophieWest
Par PtiteJulie
La p'tite Julie (et Nicky)